Conseil des ministres : Le président Diomaye Faye exige l’accélération de l’action gouvernementale dans les territoires

Réuni exceptionnellement ce jeudi 10 septembre 2026 au Palais de la République, le Conseil des ministres a été largement consacré au suivi de la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô et à l’accélération de l’action publique dans les territoires. Pouvoir d’achat, finances publiques, emploi, Casamance, logement et partenariat avec le secteur privé figurent parmi les principales orientations arrêtées.

Le gouvernement est désormais appelé à passer des annonces à l’exécution. Au lendemain de la Déclaration de politique générale présentée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô devant l’Assemblée nationale, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a demandé une accélération de la mise en œuvre des réformes et des projets annoncés.
Le chef de l’État a notamment insisté sur la nécessité de mieux répondre aux préoccupations quotidiennes des populations, en mettant l’accent sur trois priorités : la protection du pouvoir d’achat des ménages, la maîtrise des finances publiques et l’efficacité des services publics sur l’ensemble du territoire national.

Territorialiser davantage l’action de l’État

Pour le président de la République, les politiques publiques doivent être davantage adaptées aux réalités des territoires. Le gouvernement est ainsi appelé à renforcer l’implication des élus locaux et des acteurs communautaires dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des projets.
Cette territorialisation doit notamment permettre d’accélérer les projets ayant un impact direct sur la vie des populations. Parmi les secteurs cités figurent l’éducation et la formation professionnelle et technique, le désenclavement des zones de production, la souveraineté alimentaire, l’industrialisation, l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.
Le gouvernement devra également poursuivre les efforts en matière d’accès à l’eau, à l’électricité, aux services numériques et aux soins de santé. Dans ce dernier domaine, le chef de l’État s’est félicité de la réception de 153 ambulances médicalisées, destinées à améliorer la prise en charge des patients à travers le pays.

La Casamance placée au cœur des priorités

La Casamance occupe une place particulière dans les orientations du Conseil des ministres.
Le président Bassirou Diomaye Faye considère le pôle territorial composé de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou comme stratégique pour la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 et pour la relance économique et sociale du pays.
Dans cette perspective, le chef de l’État a demandé une évaluation de l’état d’avancement du Plan Diomaye pour la Casamance (PDC) et annoncé une réunion interministérielle consacrée à son évaluation et à sa relance.

La question du désenclavement, de l’accès aux services publics et de la sécurisation des zones de production agricole figure également parmi les préoccupations exprimées. Des ressources supplémentaires doivent notamment être mobilisées au profit du Centre national d’Action Antimines au Sénégal (CNAMS), ainsi que du PUMA et de l’ANRAC.

Pouvoir d’achat et finances publiques : le gouvernement sous pression

Au-delà des projets territoriaux, le redressement économique reste l’un des principaux défis de l’exécutif.
Le Premier ministre a rappelé, à la suite de sa Déclaration de politique générale, que le redressement des comptes publics constitue l’un des cinq engagements structurants de son gouvernement, aux côtés de la restauration de l’État de droit, du renforcement de la souveraineté, de la résolution des difficultés des Sénégalais et de l’équité territoriale et sociale.

Sur le plan budgétaire, plusieurs échéances ont été fixées. Le projet de loi de finances rectificative 2026 doit être déposé à l’Assemblée nationale au plus tard le 15 septembre. Le projet de loi de finances pour 2027 doit, quant à lui, être soumis au Conseil des ministres le 30 septembre.
Ces échéances interviennent alors que la question des finances publiques et de la dette demeure au centre du débat économique et politique national.

Une nouvelle méthode de travail basée sur les résultats

Le gouvernement entend également modifier sa méthode de pilotage des politiques publiques.
Le Premier ministre a demandé aux ministres de rattacher chaque programme gouvernemental à au moins un des cinq engagements présentés dans sa DPG. Les ministres chefs de file devront transmettre, au plus tard le 24 septembre 2026, les projets d’arrêté destinés à mettre en place les groupes de projets.

L’objectif affiché est de renforcer le suivi des dossiers stratégiques et des projets dits « catalytiques » et d’installer une véritable culture du résultat au sein de l’administration. Une première réunion du Comité interministériel de suivi de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 est par ailleurs annoncée pour la première quinzaine d’octobre. Cette rencontre doit préparer une future réunion du Conseil présidentiel.

L’État veut renforcer son dialogue avec le secteur privé

Autre point important du Conseil des ministres : le renforcement du partenariat entre l’État et le secteur privé.
Le président de la République a demandé au gouvernement de maintenir un dialogue régulier avec les organisations patronales et de renforcer l’accompagnement de l’État afin d’améliorer le climat des affaires et la compétitivité du Sénégal.
Le chef de l’État a notamment insisté sur la finalisation des réformes du Code général des Impôts et du Code des Douanes, l’apurement de la dette intérieure et l’amélioration de l’accès des PME et PMI à la commande publique.

La formation professionnelle et technique, le tourisme, le crédit hôtelier et le New Deal Technologique figurent également parmi les secteurs ciblés. Le gouvernement devra par ailleurs finaliser, avant la fin du mois d’octobre, le projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique ainsi que la Stratégie portuaire nationale, avec une attention particulière portée aux infrastructures projetées de Ndayane et Bargny-Sendou.

Le logement social et les préoccupations des populations

La question du logement figure également parmi les priorités évoquées. Le président de la République a demandé au Premier ministre d’accélérer les programmes d’aménagement et de construction de logements sociaux accessibles aux populations ciblées.
Il souhaite notamment une révision des modalités de mise à disposition des prêts DMC dans le cadre de la nouvelle politique de promotion du logement et de l’habitat décent.

Dans le même esprit de rapprochement entre l’administration et les citoyens, le Premier ministre a demandé à SENUM-SA, sous la supervision de la Primature, de mettre en place un système d’information permettant de recueillir, suivre et prendre en charge les préoccupations exprimées par les populations. Ce dispositif devra être alimenté par l’administration centrale, les services déconcentrés, les collectivités territoriales et les mécanismes de dialogue citoyen.

Vers une rentrée politique et diplomatique chargée

Le président Bassirou Diomaye Faye a également présenté son agenda pour les prochains jours. Le 12 septembre, il doit présider la cérémonie de remise de la Flamme olympique dans le cadre des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026.
Le chef de l’État effectuera ensuite une visite de travail à Washington les 14 et 15 septembre, avant de se rendre à Abu Dhabi du 16 au 17 septembre pour une visite officielle.

Le gouvernement devra parallèlement préparer les commémorations du 24e anniversaire du naufrage du Joola, prévu le 26 septembre. Le président a demandé que les familles des victimes et les rescapés puissent accéder aux différents lieux de mémoire, notamment au Musée national dédié aux victimes du Joola à Ziguinchor.

Deux projets de loi adoptés

Au titre des textes législatifs et réglementaires, le Conseil des ministres a adopté deux projets de loi. Le premier autorise la ratification de la convention d’entraide judiciaire en matière civile et commerciale entre le Sénégal et la Gambie, signée à Banjul le 1er août 2023. Le second concerne l’autonomisation économique des femmes. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a également présenté une communication consacrée à la situation actualisée de la gestion des inondations.

L’enjeu : passer des orientations aux résultats

Ce Conseil des ministres intervient dans un contexte particulier, quelques jours après la Déclaration de politique générale du nouveau Premier ministre. Au-delà des orientations annoncées, le principal défi pour l’exécutif sera désormais celui de l’exécution. Pouvoir d’achat, emploi, souveraineté alimentaire, finances publiques, logement, services sociaux et développement des territoires constituent autant de dossiers sur lesquels les populations attendent des résultats concrets.
Avec les échéances fixées pour septembre et octobre, le gouvernement entre ainsi dans une nouvelle phase : transformer les engagements politiques en actions mesurables sur le terrain.

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