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Birkelane, 20 mai (APS) – A quelques jours de l’Aïd el-Kébir, communément appelée Tabaski, le foirail de Birkelane, dans la région de Kaffrine (centre), refuse du monde. Acheteurs et vendeurs, venus de plusieurs localités du Sénégal, s’y croisent dans une ambiance animée, que semble contrarier la flambée des prix des moutons, jugés “inaccessibles” par de nombreux clients, a constaté l’APS.

Sous un soleil de plomb annonçant l’arrivée de l’hivernage, le foirail grouille déjà de monde alors que l’horloge affiche 12 heures tapantes.

Des centaines de moutons sont exposés à travers les allées, tandis que des charrettes, motos “Jakarta” et autres véhicules utilitaires occupent les abords du marché.

Les klaxons des véhicules, les mégaphones diffusant de la musique et les cris des vendeurs contribuent à rendre l’ambiance particulièrement indescriptible.

Entre marchandages incessants et va-et-vient des clients, certains éleveurs surveillent leurs troupeaux, pendant que d’autres sont assis à même le sol.

Autour du foirail, plusieurs activités commerciales se développent. Des vendeurs proposent des cordes à 100 francs CFA l’unité, les bidons d’eau se vendant entre 100 et 200 francs CFA.

Ici, les restaurants et gargotes installés sur les lieux ne désemplissent pas. Le marché attire également des commerçants spécialisés dans la vente de l’aliment de bétail.

Mais là aussi, les prix connaissent une hausse importante. Les sacs d’aliment, notamment ceux en provenance du Mali, coûtent entre 10.000 et 21.000 francs CFA, selon les vendeurs.

Une situation que les éleveurs disent subir directement, expliquant ainsi la hausse du prix des moutons.

Malgré cette situation, certains acheteurs ont déjà réussi à acquérir leur mouton pour la Tabaski.  C’est le cas de trois jeunes venus de Karang et Toubacouta, dans la région de Fatick, qui disent avoir déboursé chacun un mouton à 150 000 francs CFA, des prix qu’ils jugent encore abordables.

Sur le plan sécuritaire, un important dispositif a été mis en place par les forces de défense et de sécurité dans ce foirail. Des gendarmes assurent la surveillance, afin de lutter contre le vol de bétail et autres actes de banditisme. Certaines motos “Jakarta” ont même été immobilisées dans le cadre des contrôles.

Les services vétérinaires sont également mobilisés pour la délivrance et/ou la régularisation des documents administratifs liés au transport et à la commercialisation du bétail.

Sous une chaleur accablante, le chef de la sous-brigade départementale d’hygiène de Birkelane, Saliou Ngom, supervise les opérations de contrôle et de sensibilisation.

“A l’approche de la Tabaski, certaines personnes tentent d’écouler des denrées périmées ou impropres à la consommation. C’est pourquoi, nous multiplions les contrôles”, a-t-il expliqué.

La cherté des moutons, une préoccupation générale

Malgré l’abondance du bétail dans le foirail, beaucoup d’acheteurs peinent à trouver des moutons adaptés à leur budget, les prix oscillant entre 140 000 et 600 000 francs CFA.

“Depuis ce matin, je cherche un mouton pour un budget de 150  000 francs CFA, mais les vendeurs proposent les bêtes entre 170 000 et 210 000 francs CFA”, déplore un père de famille rencontré sur place.

Selon lui, la hausse du coût du foin, de l’aliment de bétail, du transport et des charges d’entretien explique cette situation.

Le président du foirail de Birkelane, Amadou Diallo, se félicite néanmoins du niveau d’organisation observé cette année.

“Beaucoup de camions et de camionnettes sont arrivés ce dimanche. Même des éleveurs maliens ont acheminé plus de 200 moutons”, a-t-il indiqué, saluant l’appui des autorités administratives, notamment le préfet du département de Birkelane.

Il souligne également que le foirail est doté d’un dispositif de sécurité renforcé, incluant un raccordement à l’eau et à l’électricité.

Parmi les vendeurs venus du Mali, Cheikhouna Koné affirme avoir transporté deux camions contenant chacun 160 têtes de moutons.

“Al hamdoulilah (Dieu merci), nous sommes arrivés sans difficulté, malgré la situation sécuritaire au Mali. Le seul problème actuellement, c’est la mévente”, a-t-il confié, évoquant la possibilité de rejoindre Dakar pour mieux écouler son cheptel.

A Kaffrine, les besoins en moutons dans la région sont estimés à 70 000 têtes, d’après Moustapha Dione, directeur régional de l’élevage et des productions animales (DREPA). source aps

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abdoulayetoure.contact@gmail.com

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