Dans un contexte où le Sahel est souvent associé aux crises sécuritaires, climatiques et économiques, l’organisation Francophonie sans frontières (FSF) entend changer le regard porté sur cette région à travers le lancement du Projet SAHEL FSF-Grande Muraille Verte (GMV), une initiative qui mise sur l’éducation, l’entrepreneuriat et le développement durable.
Présenté comme une réponse francophone, éducative et économique aux défis climatiques du Sahel, le projet s’inspire de la vision de la Grande Muraille Verte tout en dépassant la simple plantation d’arbres. Il propose une approche intégrée articulée autour de l’éducation environnementale, de l’incubation d’agro-entrepreneurs, de la transformation locale des productions et de leur commercialisation.
Selon les promoteurs, l’objectif est de mettre en valeur les capacités d’innovation des jeunes, le leadership des femmes entrepreneures et le potentiel des territoires sahéliens à restaurer leurs ressources naturelles tout en créant de la richesse locale. « Le Sahel ne doit pas être regardé uniquement comme un espace de vulnérabilité. Il peut devenir un territoire de solutions, de coopération et d’innovation écologique pour toute la francophonie », souligne Francophonie sans frontières.
Le programme couvre six pays de la bande sahélienne : le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad. Il repose sur trois principaux piliers : le Réseau des Établissements Verts du Sahel (REVES), le Réseau des Agro-Entrepreneurs Élites du Sahel (RAEES) et le Marché des Acteurs du Projet Sahel (MAPS). Ces dispositifs visent à créer une chaîne de valeur reliant les établissements scolaires, les entrepreneurs, les producteurs et les marchés.
À l’horizon 2030, le projet ambitionne notamment la mise en place de 24 établissements verts opérationnels, la création de 18 clubs d’entrepreneuriat environnemental, l’incubation de 224 entrepreneurs et la génération de 360 emplois directs. Plus de 1 000 acteurs devraient également être formés aux techniques de transformation et à la gestion commerciale.
Sur le plan environnemental, l’initiative prévoit la restauration annuelle de 15 000 hectares de terres dégradées, tout en visant une augmentation de 25 % des revenus des producteurs d’ici 2029.
Pour les responsables de FSF, ce programme traduit une « francophonie d’action », fondée sur le partage des savoirs, la coopération entre les territoires et la recherche de solutions concrètes aux défis du développement durable.
Par son approche innovante, le Projet SAHEL FSF-GMV offre ainsi une nouvelle perspective sur le Sahel, mettant en avant les opportunités de développement, d’emploi et de résilience climatique portées par les populations locales.
Sahel : Francophonie sans frontières lance un ambitieux projet pour l’éducation, l’entrepreneuriat et la restauration des terres
